Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

LE CARNAVAL DES VIGNES

Publié le par Jean Denis

LE CARNAVAL DES VIGNES

Hier fatigué, aujourd’hui inspiré.

Je crois aussi que le « gravel ride » me rend songeur et « vagabond »…

Mais ce matin… Dieu que les vignes étaient belles. Elles avaient sortie leurs « habits » de parade. Une vraie farandole de couleurs. Un patchwork viticole et automnal…. Et surtout, à chaque vigne sa façon de s’exprimer.

D’abord, il y a la timide… la verte qui n’ose pas changer d’apparat : « la couleur de la vigne c’est vert, alors on ne va pas se faire remarquer, on reste en vert… »

Ensuite, il y a l’hésitante … la jaune qui aimerait bien faire « péter » les couleurs, mais qui se dit : « c’est pas encore l’heure, on va encore attendre un peu… on verra dans une quinzaine ! »

Puis, il y a la coquette… l’ocre, la rouille, la pourpre… ; celle qui n’hésite pas à sortir sa plus belle robe d’automne pour cette parade annuelle.

Ou encore l’extravagante … la rouge écarlate ; celle qui se farde comme un « camion neuf » qui veut se faire remarquer au milieu des autres par sa tenue flamboyante.

Et aussi l’oubliée, l’abandonnée... celle qui a perdu de sa superbe ; celle dont la grossesse n’est pas venue à terme ; usée par le fardeau de ses fruits et qui attend une vendange tardive qui lui permettrait de retrouver une certaine vitalité.

Et enfin, il y a la toute vieille, celle qui n’en fini pas de vibrer ; celle qu’on attend qu’elle crève vu qu’elle est sur le terrain à replanter…???? Je m’égare, mais ça me dit quelque chose … Enfin, faut vous dire, monsieur, que dans ses vignes là, on vit.

Et oui, ce matin pour le Papet c’était le plaisir des yeux, en attendant celui des papilles, dans quelques mois pour la nouvelle récolte, de ces même vignes dont je vient de narrer un épisode.

En tout cas, j’espère qu’après ces quelques lignes vous ne verrez plus les vignes comme avant. Car, dans le fitounais, c’est certain, LES VIGNES ONT UNE AME….

A suivre quelques images ou vous retrouverez toutes les figurantes….

LE CARNAVAL DES VIGNES
LE CARNAVAL DES VIGNESLE CARNAVAL DES VIGNES
LE CARNAVAL DES VIGNESLE CARNAVAL DES VIGNES
LE CARNAVAL DES VIGNESLE CARNAVAL DES VIGNES

Voir les commentaires

Le retour de Brooks dans la course avec la Cambium C15

Publié le par Jean Denis

Voir les commentaires

Ca donne envie de tenter l'aventure du "gravel"

Publié le par Jean Denis

Voir les commentaires

Essai roues Mavic Ksyrium Pro Disc Allroad

Publié le par Jean Denis

Voir les commentaires

Technogel, l'oreiller des sportifs...!

Publié le par Jean Denis

Technogel, l'oreiller des sportifs...!

Entre fermeté et douceur

La marque italienne « Technogel » vante les mérites de ses oreillers et matelas, très prisés par les sportifs de haut-niveau. Des équipes cyclistes professionnelles (Sky, FDJ...), de rugby (RC Toulon), et nombres d’autres sportifs à titre individuel sont devenus des utilisateurs assidus.

Alors, ayant eu l’opportunité d’avoir un de ces oreillers, je vous fait part de mon ressenti.

Lorsque j’ai reçu l’oreiller la première chose qui m’a étonné ce ne sont pas ses dimensions mais son poids. Par rapport à mon autre oreiller anatomique à « mousse de mémoire » il est deux fois plus lourd et beaucoup plus consistant.

Mais, une fois posé sur le lit, ce gabarit hors normes s’avère un point positif. En effet, sa masse assure une grande stabilité en toutes circonstances ; il ne bouge absolument pas même quand je me tourne et me retourne. C'est aussi la certitude de toujours trouver sa place dessus. On a l’impression que le gel est compact et va être dur. De fait, l’oreiller est ferme au touché, mais c’est tout en douceur que ma tête se moule sans effort dans un gel finalement très malléable. Une surface mobile qui se reforme parfaitement à chaque mouvement, tout en souplesse. On ne ressent aucune pression sur le visage. C'est un plus par rapport à la mollesse des oreillers basique ; a tête est bien soutenue et se trouve parfaitement alignée avec le reste du corps. D’où une réelle sensation de bien-être.

En haut technogel - en dessous coussin en mousse de mémoire

En haut technogel - en dessous coussin en mousse de mémoire

Pour autant, je n’ai pas trop ressenti l’effet de fraîcheur annoncée par Technogel ; il ne tient pas chaud non plus et je n’ai absolument pas transpiré dessus. Je précise que je m’en suis servi sans la housse hiver.

Après trois mois d’essai, il n’a pas bougé et conserve toutes ses propriétés de confort, de maintien et de souplesse. Par contre mon corps c’est lui totalement habitué à cet agrément. Il m’est maintenant difficile de dormir avec un « coussin » normal. Je ne retrouve pas la quiétude et la "tendresse" procurées par le Technogel.

Quand on est « malade », on ne se sent jamais trop bien ; on cherche souvent sa position, un peu de confort, de réconfort, un moment de satisfaction, de relaxation.  Avec le Technogel, je trouve de suite la bonne position, je suis calé et son maintien est pour moi idéal. Parfois, m’allonger devient presque un soulagement. Ce dont je suis sûr, c’est que depuis que je l’ai, je dors bien mieux et dans mon cas c’est vital.

Technogel, l'oreiller des sportifs...!

Côté finition cet oreiller est irréprochable. Les rebords plus ou moins hauts selon le côté s’adaptent bien à la nuque. La housse enveloppant l’oreiller est très agréable et bien finie. En plus il y a une deuxième housse à fermeture éclair pour la saison froide.

Pour les aspects techniques le mieux est de se reporter aux indications du site de la marque : http://www.technogelsleeping.com/fr

 

Franchement, je cherche en vain un point négatif… Peut-être le prix, mais bon au final on s’y retrouve.

 

En  conclusion, je dirais : « on devient vite « addict » au Technogel . le problème, c’est qu’il prend beaucoup place dans la valise si on veut à se déplacer. Heureusement, la marque a prévu des modèles de voyage, et l’on peut même aller plus loin avec la gamme des matelas. »

 

Technogel, l'oreiller des sportifs...!

Voir les commentaires

Le Paris-Brest-Paris de Marcel

Publié le par Jean Denis

Le Paris-Brest-Paris de Marcel

Paris Brest Paris 2015, la double peine

Apres deux ans de préparations, les brevets 200, 300, 400, 600 km passés sur Toulouse et Montpellier, je me présente toujours aussi stressé 4 ans plus tard. L’édition 2015 réunit 6000 inscrits dont

60% d’étrangers, pour plus de 66 pays représentés. Epreuve mythique connue du monde entier par les passionnés de grands raides. Huit villes étapes pour seize contrôles, métrons à disposition des randonneurs leurs établissements scolaires avec, self, dortoir, douches, pour quelques euros, et un service médical, grâce à la mobilisation de plus de 2500 bénévoles 24h/24 pendant quatre jours. Gigantesque organisation n’ayant lieu que tout les quatre ans !

Pas de vainqueur à l’arrivée, mais les gagnants seront ceux qui auront eu le courage de participer. Chacun essaie de se surpasser, à son propre niveau et sans comparaisons, défit solitaire et solidaire.

Au retour ils ne recevront qu’un billet ou est inscrit «L’Audax Club Parisien vous félicite d’avoir mené à bien votre défi» et un repas gratuit. La motivation, sur cette aventure, est toute personnelle.

J’attendais ce moment avec tant impatience! Quatre ans pour rêver, et ce week-end, enthousiasme, envie, crainte, et stress, font les composants du menu.

Le Paris-Brest-Paris de Marcel

Dimanche 16 Aout 15h. Je quitte le rond-point face au vélodrome pour prendre places dans les couloirs successifs de départ. L’ambiance et bonne enfant, mais il me tarde de me trouver sous la banderole de départ. Jusqu’ici tout s’était relativement bien passé, hors mis quelques coups de sang dus à la disparussions momentanée de ma carte d’identité trop bien rangé, et à un dossier qu’il fallu finir de remplir 1h avant le départ. Très justement surnommé « l’Angoisse » par mes potes de vélo, je n’avais vraiment pas besoin de cela. Rapidement le portique surplombant la ligne de départ de cette aventure fut atteint. La météo est avec nous. Beaucoup ont gardé leur coupe-vent fluo. Le ciel gris ne laisse passer que quelques rayons. On partira dans le 4éme groupe de 200 à 250 coureurs. La tension monte. Comme à chaque foi. « Pas de stress Marcel,   pas de stress !!! ». ¼ d’heure pour discuter avec 2 jeunes, 18-20 ans, entrainés dans ce raide pour la 1er foi par leur père ayant déjà 3 participations à son actif. Mais rien n’y fait, le palpitant au plus haut, bat à toute berzingue.

 

16h 45. Départ. Compte à rebours, et nous voila déboulant sur les boulevards de Saint Quentin.  Toutes les voies sont pour nous, motards et voiture ouvreuse régulent notre vitesse jusqu’en sortie de ville : moyenne de 35 à 45 km/h, dans une relative sécurité : pas trop de coup de freins. Les cadors, la tête dans les guidons mènent la vie dure aux groupes précédents. Ronds points croisement et feux rouges sont avalés goulument. Je m’applique à ne pas quitter les 30 premiers : une quinzaine d’italiens, maillots à dominance bleu mènent bon train. « Faudra pas les perdre ceux là ». Ça parle le Milanais avec les rondeurs et les tonalités du pays qui me font oublier mon compteur à 35 km. Pour l’instant les voyants sont au vert. Puis dans la plaine, un groupe de soixante dix à quatre-vingt coureurs serpente devant, au travers des champs de blé. «  Pas bon Marcel, pas bon ». Comment va se passer la jonction ?

La moyenne augmente, mon groupe les double, puis pour ne pas les garder avec nous, réacélère. Le peloton s’étire, la tension monte, faux remonter devant, vite très vite, pour ne pas perdre la tête de mon équipe. Pour deux autres groupes doublés, la manœuvre fut employée, et j’y perdu quelques plumes.

Je réalisai l’évidence, manque de puissance, morphologie frêle, pic de forme atteint trop tôt dans la saison mais le mental reste de « béton ». Dans la traversée d’un village construit sur un coteau abrupt du Perche ce fut la grande lessive. Marcel partit avec les eaux salles. Adieux les italiens bavards et rieurs, bonjours le retour sur terre, fini les conneries, faux refaire le point. Très bientôt au km 140, un ravito, on souffle on remplie les gourdes et on repart avec une moyenne plus raisonnable, j’espére. 

Le Paris-Brest-Paris de Marcel

Km 220, Villaines-la-Juhel, 00h 00. 1er contrôle, de nuit, 32km/h quand même au compteur. Déjà, pas mal de bosses du Perche sont venus entamer les ardeurs de l’après-midi. Des clients au premier somme s’étendent un peu partout dans le gymnase ou entament un morceau de nuit couchés sur leur table de repas. Pas de ravito pour moi : la stratégie : pâtes de fruits, barres de céréales, pain d’épices, petits gâteaux de fruits sec, à piocher dans mon sac tissu accroché sur mon dos jusqu’à Brest. Le plein des gourdes et çà repart. La nuit se traverse sans trop de difficultés. Un peu humide et fraiche.

 

Km 309, Fougères, 4h 00. 2éme contrôle, 30km/h de moyenne. Les jambes de l’après-midi ne sont plus au rendez-vous. «  T’as trop tapé dans les réserves Marcel, faux faire le plein et changer de tactique, s’il n’est pas trop tard ». Un plat de pâte avalé en tout hâte et me voilà reparti vers une journée qui j’espère sera plus rassurante.

 

Km 363, Tinténiac, 6h 58. 3éme contrôle, la moyenne n’a pas bougé, et je commence à avoir les jambes quelque peu mâchées.  Le serpentin fluo gigotant dans le noir, les ombres, les villages déserts faiblement éclairés…la magie de la route de nuit n’a pas eu lieux. Trop concentré sur mon état physique et quelques voyants clignotants orange. Le profile relativement plat maintenant n’effraie pas, mais le passage de la cote de Becherel avec l’immense antenne qui la domine va certainement nous plomber au retour.

Le Paris-Brest-Paris de Marcel

Km 448, Loudéac, 11h 11. 4éme contrôle, sans compter les 2h d’arrêt total pour pointage et ravito dans les étapes précédentes, la moyenne roulée est maintenant de 27km/h. Je m’octroie ici, comme un luxe, un grand bol de chocolat, un croissant, et une part de gâteaux sortie de mon sac. Le plus dur reste avenir. Jusqu’ici je me suis intégrer à des petits groupes dix, quinze rouleurs, mais la traversée des Monts d’Arrée va changer la donne. 11 mille mètres de dénivelé dont les trois quart sont au programme des 4 étapes suivantes. Morbihan, Finistère, Côtes d’Armor, rien de plat dans le menu. Les cotes ne cessent de se succéder, sans répit, sans partie plane, Up and Down, Up and Down, on espère trouver du moins arde au détour d’un chemin, mais non, ça continue encore et encore. « Rappelles toi, tas d’os !!!  T’as perdu pieds dans ces bosses interminables 4 ans au paravent ». Jusqu’ici coté musculaire tout semblait normal, mais maintenant une douleur au dos m’inquiétait. On se connaissait bien tout les deux, quelques étirements, un peu de gymnastique sur le devant de mon vélo et elle disparaissait au bout de quelques kilomètres. Je réalisais aussi que peut être, j’allais arriver à Brest avant la nuit et ainsi me faire photographier sur le fameux  pont Albert Louppe avec en arrière plan le pont de l’Iroise et ses haubans. J’avais 3h d’avance sur l’édition précédant et cadrais avec l’objectif de 68h pour boucler ce périple. J’avançais sans trop fléchir sans trop réfléchir aussi. Erreur.

 

Km 526, Carhaix-Plouguer, 16h 25. 5éme contrôle. 24h de route depuis le départ et pas encore une minute de sommeil. Comme à chaque halte je vide un peu plus mon sac à dos dans les poches de mon maillot, et me goinfre de quelques barres énergétiques. Des connaissances se retrouvent, les visages connus, les échanges amicaux, rebouste le morale, mais le relief a pris les commandes et nous érode peu à peu. Chacun prend le rythme qui lui convient. On se perd, on se retrouve au fil des bosses qui s’affairent à nous user. Je trouve un groupe qui, semblerait il, pourrait m’amener jusqu’à Brest. « Faux rester avec eux, faux rester avec eux » me chuchote une petite voix. « T’es entrain de pater dedans » essaie de me raisonner, une autre. Le mal de dos, me torture de plus en plus. J’ai l’impression de pédaler de travers sur mon vélo, avec quelques décharges électrique dans le bas des reins. « Tiens bon Marcel, tu te referas une santé à Brest ». Erreur. Tu pousses le bouchon peut être un peu trop loin.

Je franchis l’ultime bosse surplombée d’un immense mat au dessus de Brest, Le Roc Trévezel, dans un piteux état. Dans les roues de ces six randonneurs locaux, on dévale la pente à vive allure. de grosses cuisses aux commandes, et je dois encore pédaler comme un fou pour rester avec eux. Des potes de club viennent leur tenir compagnie : ça discutent ça rient mais ça pédalent aussi et plus vite encore. « Marcel, dans quelle galère t’es entrain de ramer, pauvre excité du cerveau ».

Ca y est !!! Voila le mythique pont Albert Louppe. Je freine ma monture, aperçois à l’horizon l’immense rade, je monte sur le trottoir,  sollicite un des nombreux supporter qui nous applaudissent. Je lui tends mon portable, 4 ou 5 photos sont prises à la hâte, repars et  je me dirige vers le km 614 éreinté, dézingué, démembré, comme une marionnette entre  les mains d’un bébé.

             

 

Km 614, BREST, 20h 15. 6éme contrôle. Là, le point est vite fait. Tamponner, Bouffer, se Coucher. Prendre son temps pour espérer que dans ce sac d’osselet remué depuis 5 bonnes plombes, chaque élément reprenne sa place. Parcage du vélo, pointage, file d’attente au self, enfilade d’un gros plat de pâte, je m’accorde une heure de sommeil dans les dortoirs de cette halte. J’en repars seul 2h 30 après mon arrivée. Erreur : trop tôt. « Y a plus qu’à rentrer maintenant p’tit gars » : courte expression mais longue et très difficile tâche encore.

Au loin des petits feux rouges déambulent dans les rues montantes de la traversée de la ville. Je les rejoins non sans mal, une dizaine de kilomètre plus tard. Faux affronter, les camions, la froideur de la nuit, le brouillard épais, des passages très humide, les éclairages aveuglants de nos camarades de route qui descendent vers Brest, le relief pénible et tortueux, les éclaboussures des roues, le manque de visibilité : un lot de stress bien trop lourd à transporter jusqu’en haut. Mes yeux ont du mal à suivre les lignes de marquage au sol. Mes douleurs dorsales reprennent. Je me dandine tant bien que mal pour atteindre le sommet. Je perds mes compagnons de route, le moral est au plus bas, les yeux n’en peuvent plus de lutter. Après 1h30 de bataille faux raison garder. Dés la première zone éclairée venue, t’étirer et refermer les yeux il te faudra. Suffit de zigzaguer, de peiner, de fleureter avec la ligne médiane. Y a Danger maintenant.

 Des lampadaires scintillent dans le noir. Une petite zone industrielle. Là au milieu de quatre adultes une petite fille ne cesse de crier. «  Du café chaud, du thé, Arrêtez-vous ! Arrêtez-vous ! C’est gratuit ! » Je stoppe prés d’eux. « C’est un petit abri qu’il me faudrait et une petite heure de sommeil au sec ». « Chez mon papa, chez mon papa ». Elle me fait traverser la route.  A l’intérieur, son père me dégage 50 cm le long de sa porte de garage me donne la couverture qui protégeait sa moto et repart supporter et encourager les galériens qui continuent de grimper.

C’est cela l’ambiance d’un Paris Brest Paris, de l’aide du soutien des encouragements tout le long de la route, nuit et jour. Je m’allonge droit comme un I sur le dos amène le sol, c’est aussi cela Paris Brest Paris, des coureurs qui dorment à toute heure, n’ importe où, n’importe comment, quand le corps ne réponds plus. Je sursaute une heure plus tard, mets mon casque et retrouve mes bien affaiteurs toujours aussi actifs. Les Bretons font la fête sur tout le parcours pendant 4 jours : des fans de vélo dans toute la région. Le sommet se montre plus docile et tout d’un coup les énormes phares rouges le long du gigantesque mat du Rock Trévezel m’explosent la vue. Enfin la descente, seul, un éclairage pas des plus performant, une signalisation  pas toujours présente, me font filer prudemment et en récupération jusqu’au contrôle suivant.

Le Paris-Brest-Paris de Marcel

Km 698, Carhaix-Plouguer, 04h 00. 7éme contrôle. Crevaison en plein village. Je me faufile jusqu’au ravito, pose mon vélo, pointe, m’enfile grand bol de café chaud fini mon pain d’épices, récupère ma roue, me glisse dans un couloir pour réparer. Le bilan est loin d’être optimiste. Cata complète. Il y a 4 ans c’était avec de la patate et du plaisir que tu parcourais les étapes suivantes. Il en sera tout autre pour cette édition. Je repars de ce relais plutôt douteux quand à la suite. Les jambes sont là et répondent présent. L’ossature, elle, n’assure plus, tous les voyants sont aux rouge, et une boule d’épingle m’enflamme le coté droit comme une sonnerie d’alarme. 82 km séparent les 2 relais, 5h pour les faire, 16 km/h de moyenne, un vrais massacre. Tel un bis-moteur ayant perdu une élise, le pilote bancale que je suis devenu, essai de rejoindre Loudéac. On se dresse sur ses pédales, on se dandine, on fléchit sur le devant, vers la droite, puis la gauche, rien n’y fait. «  Marcel mon pauvre ami t’es au plus mal, t’es foutu, perdu au milieu de cette pampa verdoyante ». L’investissement d’un matériel approprié à cette aventure longue et mouvementée, cuissard Assos, vélo avec incères souples n’ont pas suffi. T’as oublié de consolider la carcasse avec du travail sur les abdos, les dorsaux…faux payer cache aujourd’hui.

 

Km 780, Loudéac, 09h 05. 8éme contrôle. Barres, tube énergétique, pâte de fruits, tout y passe. L’euphorie de la veille est loin derrière, les yeux sur un compteur qui ne défile plus, sur une montre qui n’avance plus, me plombe le moral d’une part, mais quelque chose d’autre me pousse à continuer vers l’étape suivante. Les numéros des groupes partis après moi me doublent par dizaine. Chaque petite bosse à passer semble infranchissable. Un braquet de 38/29 parait encore trop gros. 2 arrêts de dix minutes sur le bas coté ne m’ont rien apporté. Je m’allonge alors dos au sol sur un tas d’herbe et m’endors 3/4 heure.

Maintenant c’est sur, Tinténiac sera le lieu de ce naufrage. Quatre années d’attente, des kilomètres d’entrainement, un gros budget mis en place, du matériel peaufiné pour l’occasion, un vélo approprié à cette épreuve, une alimentation soignée, des espoirs  des joies, des douleurs, des doutes, du stress,

et là,  un Non  a b o u t i s s e m e n t. Non rien ne pourra te faire aller loin. J’apprends lors d’un ravito intermédiaire qu’il me reste encore une vingtaine de kilomètres à parcourir. C’est décidé je rends les armes ici. Incapable de continuer. Devant mon désarroi  une bénévole me propose alors de m’amener dans sa voiture jusqu’au relais suivant. C’est aussi cela Paris Brest Paris, d’innombrable  Bretons bénévoles passionnées par le vélo au service des courageux randonneurs de l’épreuve.

 

Km 865, Tinténiac, 14h 00. Dépôt de bilan. 9éme et dernier contrôle pour moi. A pied vélo en main, le dos en S, moral au fond des chaussettes, mon accompagnatrice me mène jusqu’au pointage, ou l’on celle à jamais la fin de ce périple. Sous un ultime coup de poignard je rends les armes, mon badge électronique. Je remercie mille foi cette dame, on se bise, et la laisse disparaitre au milieu des participants qui continuent d’affluer vers le parc. Soudain grand coup de tonner dans le ciel noir qui empli mon esprit. « Ton sac à dos oublié dans la voiture !!! ». J’enfourche ma bécane et fonce vers le parking. Ma conductrice refermait son coffre. « Mon sac ! Mon sac ! ». 

« Vous l’avez dans le dos ! Vous l’avez dans le dos ! Détendez vous, reposez vous ! Vous l’aurez bien mérité ». Mon pauvre Marcel, encore un fusible  de grillé, tout est fini.

Pas sur...

Plan de retour. Reste 350 km pour rejoindre St Quentin en Yvelines. Unique solution, le train.

1) -Trouver une grande surface pour dégoter, tong, short, slip, teeshirt, et voyager en tenue civile.

2) -Rallier la gare la plus proche.

3) -Obtenir un train pouvant me ramener à mon hôtel.

       -Sans les solliciter, deux jeunes proposent de me véhiculer vers un Iper-Marcher pour mes achats.

       -Le trajet vers la gare la plus proche, 30 km, se fera demain matin, après une pleine nuit de repos.

       -Pour les billets, je croise les doigts... Sur ce plan, le stress atteint les sommets. Mais le portable et quelques coups de fils viennent me rassurer un peu. Après une bonne douche et un petit ravitaillement je rejoins le lieux de couchage. La nuit fut salutaire malgré le sans cesse va et viens des concurrents épuisés, dans le dortoir. Au petit matin, je me restaure, un peu plus serein, avant le départ vers Rennes. Comment va se dérouler ce trajet? Bien entendu dans les premiers  kilomètres, le manque de panneau va vite me foutre en boule et me perdre dans les bocages. Arrêt de plusieurs voitures pour retrouver le bon chemin.

Km 25, plus que 5 bornes à faire en amenant ma carcasse comme un lot de verrerie de cristal non emballé,

Soudain grand coup de tonner à nouveau dans ce mental déjà bien abimé.

 « T’as oublié ton sac, avec à l’intérieur, les fringues neuves, Tes clés, Tas carte bleu, Ton porte monnaie, au pied de la table du self !!!!!!!  25 km de retour puis 30 à refaire. Arrêt brutal sur le bas coté, Hurlement, Jurons tout y passe, «  Pas possible, Pas possible, quelle poisse» Le palpitant va exploser, quand une petite lueur de raison me fait glisser la main sous mon maillot. J’avais mis, dés le début de l’aventure, ces trois éléments indispensable de survie dans la petite poche suspendue au coup et contenant le carnet de pointage. Ouf !!!

Bien sur, il y aura un voyageur dans le train en tenue de vélo, chaussure de cycliste au pied, sa machine à la main, et ce sera toi Marcel.

 

Le Paris-Brest-Paris de Marcel

Gare de Rennes, 09h. Va falloir, malgré ton accoutrement et ta tête défaite, user de ton charme pour motiver l’hôtesse de te trouver la meilleure solution de rapatriement. Ce fut fait.

16h 30, un TER jusqu’au Man. Changement pour un TGV jusqu’à Paris, Gare Montparnasse, changement à nouveau pour un RER jusque Saint Quentin et 8 km de vélo pour rejoindre enfin l’hôtel. Ces heures d’attente m’ont permis d’échanger avec un italien, une autre victime du périple, stoppée par ces genoux, en anglais of course Puis avec un ado curieux, et de nombreuses autres personnes intriguées par ce voyageur atypique : La plaque de cadre arborant le numéro de dossard et Paris Brest Paris sollicitant les questions. Etape inattendue et riche en rencontre dans cette deuxième partie de l’aventure. C’est donc, chaussures de vélo au pied, en tenue de cycliste, et bécane en main, que je franchissais d’autres obstacles improbables, au travers des passagers, couloirs, escaliers quais de gare wagons de trains... En gare Montparnasse, j’atterrissais au milieu d’une émeute en folie, une fourmilière dans laquelle on avait filé un grand coup de pied. Ça s’agitait, ça  courrai dans tout les sens, et moi au centre, impossible de se frayer un chemin, de trouver la bonne fée du rail qui m’indiquerai le bon étage et le bon quai.

Gare de Saint Quentin, 20h 30. Le vélodrome n’étant pas trop loin de la gare je prenais le temps de m’y restaurer et de repartir sous la bruîme vers un repos bien mérité.

 

Bilan.

Durant la traversée galère des 2 dernières étapes, une décision était prise. Ne plus jamais s’infliger ça.

Je faisais parti des 17% d’abandons de ce défit.

Mais voilà, le gout amer de ce projet non abouti, les erreurs commises et reconnues, laissent scintiller au fond de moi l’espoir d’une peu être, nouvelle participation.

Vraiment il me devient impossible de penser tourner la page sur une aussi fantastique épopée,

sans avoir franchie la ligne d’arrivée une foi de plus. On ne peut arrêter un tel moment de vie sur un malentendu. J’espère de tout cœur qu’il y aura en 2019 un retour pour, LA réconciliation avec cette épreuve qui m’est si chère. 

Le Paris-Brest-Paris de Marcel
Le Paris-Brest-Paris de Marcel

Voir les commentaires

Mes terrains de Gravel : "la vidéo"

Publié le par Jean Denis

La vidéo est visible en cliquant sur ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=MEb37paOAushttps://www.youtube.com/watch?v=MEb37paOAus

Voir les commentaires

Le Gravel ride sur Fitou....

Publié le par Jean Denis

Le Gravel ride sur Fitou....

Une page dédiée sur facebook sur ma patraque, mes parcours, et mes invitations à découvrir la discipline et les lieux de mes sorties... LE VELO LIBERTE, LE VELO AUTREMENT

Cliquez sur ce lien pour la découvrir : https://www.facebook.com/gravelfitou

Voir les commentaires

Les différents type de terrains "gravel" en Languedoc-Roussillon

Publié le par Jean Denis

Les différents type de terrains "gravel" en Languedoc-Roussillon

Vous trouverez en cliquant sur le lien ci-dessous les différents types de terrains pour la pratique du gravel que j'ai recensé sur mes parcours de la région.

http://velocorbieres.unblog.fr/2015/09/02/les-differents-terrains-de-gravel-languedoc-roussillon/​​

Voir les commentaires

Cyclistes aventuriers : Daniel ...

Publié le par Jean Denis

Cyclistes aventuriers : Daniel ...

C'est le premier petit portrait de cyclistes qui prennent la route quelles que soient leurs raisons.

Ce matin du côté de Leucate j'ai rencontré Daniel. Il habite au Somali (Aude) à l'est de Narbonne.

Aux beaux jours, il roule, il travaille, il roule....

Il se rendait avec son VTT ,en acier Orbita, sa remorque et son sac à dos, à Port Leucate où il comptait faire un arrêt et travailler un peu histoire de gagner quelques sous. Après il verra.

Il part selon son envie sans programme... à l'aventure... La semaine dernière il a fait sa balade vers Toulouse par le "canal du midi" et retour...

Bonne route Daniel.

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 > >>